Avant d’écrire

2008… Petits Cailloux de Palestine se veut le lieu où je tente de semer quelques galets, notes et photos, de mon -si bref- voyage palestinien.

Sachant que l’on ne dira jamais assez, et jamais assez bien. Qu’il restera toujours un doute sur l’efficacité de la transmission, la réalité du message, la foi ou la (dé)raison que l’on place dans tout cela. Et sachant que se taire sera pire. Mais qu’importe. Allons-y, Yallah.

En guise de préface, j’ai l’autorisation de reprendre une introduction qui parlait d’un autre Mur, en résonance, et la place sur ce mur-ci.

§ § §

AVANT DE PARLER

Je prends en charge cette parole parce qu’aussi beaux qu’ils soient on ne peut pas toujours parler des oiseaux, fussent-ils dans la triste et belle volière de Nicosie, parce qu’aussi proches soient-ils les méandres de l’âme humaine ne suffisent pas, parfois, à nous accaparer.

Je prends en charge cette parole pour dire une terre, petite si l’on veut, lointaine si l’on veut, une terre entre autres, fendue, divisée, séparée.

Ce n’est pas une cause, c’est une douleur.

Je dédie ce texte à toutes
les majorités qui sommeillent
dans les minorités.”

Philippe-Marie Bernadou,
“Deuil de Chypre”

§ § §

2010… Je dois à nouveau m’excuser, sans avoir d’excuses, pour avoir mis tant de temps avant de livrer ici ce genre de témoignage. J’espère, ce faisant, répondre un peu à la simple et impossible demande faite par un ami palestinien, un homme debout :

Tell what you see.”

2 Commentaires

  1. Claire a dit,

    5 septembre 2010 à 16:05

    Merci PetiteFa de tout ce travail sur ce récit photographique et textuel. Témoignage éclairant sur la situation d’ignorance dans laquelle, nombre d’occidentaux nous trouvons.
    Par ma déformation professionnelle c’est une très bouleversante re-confrontation sur la perversité de l’architecture et de l’urbanisme en tant qu’outils de guerre : la création d’enclaves, “les routes, universellement créées, sillonnées et usitées pour relier, communiquer, ouvrir et rapprocher, sont dans le cas présent utilisées pour marquer, séparer, couper, isoler” (je te cite), ainsi que ces prisons où l’espace est pensé, donc voué sciemment à la destruction physique et psychologique.
    L’exemple poign(ard)ant de la route de l’absurdité honteuse où 50 hectares d’oliviers arrachés (ô combien de générations de travail de la terre…), pour la création d’une route n’aboutissant à rien, m’a fait versé mes premières larmes. Comme si elles quittaient mes yeux d’elles même pour accompagner le souvenir des tiennes.
    Merci également pour toutes tes appréciations fines du terrain et de la vie entre sourire et larme. Il me semble qu’émerge de ton récit une énergie douce et profonde des personnes que tu as rencontrées, une lueur plus ou moins ténue, mais présente, de ne pas s’engouffrer dans un pessimisme qui pourrait être patent au vu des atrocités et absurdités vécues quotidiennement. Cette lueur se rencontre dans les dessins très colorés, dans tes descriptions sur l’hospitalité des personnes qui vous ont accueillis, le soin et la propreté des intérieurs, et ce, malgré l’usure, les attaques et les pénétrations violentes subies, malgré l’apparence des murs extérieurs presque en ruine parfois, criblés de graffiti et de divers impacts…(…J’ai encore en image persistante les barbelés, les vidéo-surveillance installées de force avec le moins de soin possible, tout comme ces guérites militaires qui viennent phagocyter les toitures…les checkpoints…)

    J’espère que beaucoup prendront le temps, car c’est un récit dense en textes et images, d’y consacrer quelques heures de lectures attentives.

    Je t’embrasse bien fort PetiteFa.

    Claire-Paquerette

    • petitefa a dit,

      6 septembre 2010 à 20:05

      Hey, chère Claire-Pâquerette ^^
      Mais c’est toi que je remercie infiniment de ton beau commentaire ; oui de fait, j’ai repensé à toi plusieurs fois suite à nos discussions “urbanistico-humanistes” que j’ai très envie de poursuivre et de creuser encore… ça me fait super plaisir, le regard personnel que tu as porté sur tout ça – ainsi que d’avoir fait la pub ! Je crois comme toi que penser le lieu, le rapport au lieu et aux fonctions qu’on veut lui donner, est un truc fondamental, vraiment. Je suis bien (“douloureusement”, vu le contexte) contente que tu aies perçu cela à travers ce récit. A très vite, miss,
      Bises oliviers-de-mille-ans


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