* Mur proche de Ramallah, inscription CTRL+ALT+DELETE
faite en 2005 lors d’une action “STOP THE WALL” *
« YOU ARE NOT A PALESTINIAN,
YOU ARE AN ISRAELIC ARAB »
Dans ce billet, quelques photos de Ramallah et du grand checkpoint pour atteindre la capitale des Territoires Occupés. Ville vivante, bondée, comme on peut le voir, très différente des petits villages et grands déserts quadrillés de murs.
N’ayant pas de notes précisément sur cette arrivée à Ramallah, j’intercale d’autres bribes (mes papiers sont parvenus aussi mélangés que le peut l’être la situation), points d’histoire et généralités, issus de la rencontre avec le secrétaire général du NDA, quelques jours auparavant.
Sur la Naqba en 1948 : « First, they tried to claim there were no people in Palestine, and solved, partially, the problem, by transferring people. They took half of Palestina lands ».
/ D’abord, ils tentèrent de clamer qu’il n’y avait pas de peuple/de gens en Palestine, et résolurent, partiellement, le problème, en déplaçant les populations. Ils prirent la moitié des terres palestiniennes.
* checkpoint de Ramallah – lumières allumées en plein jour *
Puis en 1967 : « then they tried to divide Palestine into deux states, between indigenous population and sub(?) society ».
« Today Israël controls 70% of Palestine. Israël did not like the 1,2 millions of Palestinians into Israël, so they tried several technicles, killed many people to intimidate and terrorize ».
/ Actuellement Israël contrôle 70% de la Palestine. Israël n’aimait pas qu’il y ait 1 million 200 000 Palestiniens à l’intérieur de la partie israélienne, donc ils ont essayé plusieurs techniques, ont tué beaucoup de gens, pour intimider et terroriser.
* checkpoint de Ramallah, mirador *
Il nous est rappelé qu’en 1947 l’ONU avait proposé un partage 50-50 mais que la Palestine n’avait pas accepté, donc ils ont pris 75% (?).
« Il ne restait alors que 150 000 Palestiniens. En tout, il ne reste aujourd’hui que 22% de la Palestine historique ».
« POLICY OF CONTAINMENT »
« La politique de la contention », pour contrôler la Palestine. « This is a plan » qui consiste à séparer les Arabes israéliens des Palestiniens de Cisjordanie. « They would a generation of Palestinians loyals with Israël, but contradiction with their action on lands. Relationship with their land is emotionnal but also material. On y ressource for life. »
/ Ils souhaitaient une génération de Palestiniens fidèles à Israël, mais ceci était en contradiction avec leur action sur les terres. La relation avec les terres est affective, mais aussi matérielle. C’est la seule ressource pour vivre.
A Kofoukacem (?), ils ont tué 93 personnes, pour « intimider ».
De 1948 à 1967, la Palestine a vécu sous présence militaire constante.
Parfois, il faut attendre une semaine pour obtenir une autorisation pour aller travailler, de Nazareth à Aïfa. Et parfois même cette autorisation n’est jamais délivrée.
Il y a même besoin d’un permis pour travailler sur ses propres terres.
* Ramallah, centre ville (police palestinienne au fond) *
« POLICY OF IGNORANCE »
Sur le plan culturel (et mémoriel aussi, je pense que c’est ce qu’il veut dire), il y a un travail de sape de la culture arabe par la « policy of ignorance », la politique de l’ignorance, sous l’excuse de la dénationalisation. Israël tente de faire entrer dans les têtes « you are not a Palestinian, you are an Israelic Arab ».
(NDLR : ce qui d’ailleurs à fonctionné puisque c’est comme ça que tout le monde, à commencer par eux-mêmes, appelle désormais les Palestiniens des Territoires de 48 !).
« you have to accept living in the marges of Israël ».
* Ramallah, marchand ambulant *
« They control schools, also teachers are appointed by state, according to their political appartenance. I was an english teacher, I had to be stopped after few weeks (pour ses activités militantes). »
/ Ils contrôlent les écoles (… et j’ai besoin, comme dans bien d’autres passages, d’une traduction fiable que je ne sais pas faire ici). Mais il continue d’expliquer qu’il a été obligé d’arrêter d’être prof d’anglais, car s’il ne partait pas, ils fermeraient l’école. De fait, l’école a été fermée six mois plus tard.
Sinon, les professeurs sont remplacés par d’autres, qui n’ont pas la qualification.
* Ramallah, toits, citernes d’eau *
« UNIVERSITY, THE ONLY SOURCE OF STRENGTH »
L’objectif d’Israel est de détacher les Arabes Israéliens des autres Palestiniens, mais également les isoler du monde arabe.
Au bout de trois ans de jachère, une ancienne loi ottomane dit que les terres non cultivées sont abandonnées et donc israéliennes.
Ils veulent contrôler l’Histoire. La culture. Les terres. L’économie. Les ressources.
Mais, voilà, les Palestiniens recherchent l’éducation, ils vont à l’université, seule source de force « the only source of strength ». Comme Israël a tenté de stopper l’évolution socio-économique, étudier restait la seule alternative.
(de fait, de nombreuses sources évoquent le niveau d’études très poussé des Palestiniens, que l’on me décrit comme le « peuple le plus diplômé du monde arabe », et avec un taux d’alphabétisation très élevé).
« Israël declared itself as a democracy. Contradiction with zionism : this is a democracy only for jews ! »
/ Israël s’est autoproclamé une démocratie. C’est en contradiction avec le sionisme, qui est une démocratie seulement pour les Juifs !
* Ramallah, taxis collectifs *
Le 30 mars 1976, il y a eu une révolte de Palestiniens qui ont décidé de « go on the strike ». Il y a eu six morts et cent blessés, mais il y a eu un gros blackout sur cet événement. Dehors, ils ont dit que les Palestiniens avaient coopéré, ce qui a énormément choqué les Palestiniens en exil.
Israël en était arrivé à ne plus supporter la présence palestinienne dans les rues. Alors en 76, il y a eu une grève générale ; les Israéliens n’ont pas compris.
Un peu avant, en 1969, les feddayin ont lutté, il y a eu des morts israéliens passant la frontière jordanienne.
Il y a une commémoration annuelle de ce jour (je crois qu’il parle du 30 mars 1976) où ils ont brisé « la barrière de la peur ».
“WE ARE ONE PEOPLE”
A cette époque, on peut prendre de six mois à deux ans de prison pour avoir porté le drapeau palestinien.
La création des partis politiques arabes a lieu à partir de 1976. Mais pour avoir le statut de parti, il faut d’abord reconnaître Israël comme Etat, démocratique, et Juif.
Le parti Children of Earth demandait un Etat palestinien. Cela a été perçu comme radical, et s’est soldé par des tortures, de la prison, des familles incarcérées pour faire pression sur le militant.
Le drapeau palestinien est là comme défi à l’Etat, pour restaurer une identité détruite, non par chauvinisme mais pour travailler à une cohésion.
Israël voulait séparer les Palestiniens entre eux : les musulmans, les chrétiens, les druses. Le drapeau doit faire l’inverse, réunir. « We are one people ».
En septembre 2000, c’est la seconde Intifada, depuis Jérusalem.
10 000 Palestiniens sont dans la rue.
Un mort le premier jour. Alors, tout le monde rejoint le mouvement, partout. Pour exprimer la rage accumulée. C’était une opportunité d’exprimer ce jour-là la colère d’une oppression constante.
« They used snipers to kill leaders. Simply the cause they were not jewish ».
/ Ils ont utilisé des snipers pour tuer les leaders. Juste parce qu’ils n’étaient pas juifs.
A Nazareth, il y a désormais trois morts. Puis les nombres de morts augmentent, ainsi que le nombre des participants au mouvement de colère.
* désert, Mur, territoires occupés *
Beaucoup, à ce moment, se sont étonnés que les Palestiniens de 48 se soient eux aussi joints au mouvement. Ils ont donc été accusés d’être des traîtres, et ont été délégitimés.
Donc, les leaders ont été tués. Mais comme ils n’étaient pas juifs ce n’était pas important pour les Israéliens.
Les tueurs n’ont, à ce jour, toujours pas été inquiétés par la justice.
Les Palestiniens demandent à être présents aux Nations Unies.
* vignes, territoires occupés *
Les membres du parti NDA viennent de mouvements divers.
« How to combatt the discrimination ? »
Avant ce jour, [du côté israélien si j'ai bien saisi] il y avait des partis comme le Parti Communiste, qui jouait un rôle important dans la lutte contre la discrimination. Mais ils ont ramené le problème a une lutte des classes. En pratique, les travailleurs israéliens travaillent contre la cause palestinienne, ils les exploitent. Ainsi, le marxisme est en contradiction avec le Parti Communiste Israélien.
* file d’attente, taxis et piétons, checkpoint *
« NOT NATIONALITY, NOT RELIGION. CITIZENSHIP »
Alors, dans ce contexte, les notions communistes d’égalité… « What kind of equality ? 93% of lands and ressources are controlled by jewish ».
/ Quelle sorte d’égalité ? 93% des terres et des ressources sont contrôlées par les juifs.
« Ce que nous voulons, c’est une citoyenneté égalitaire, les mêmes droits civiques, individuels et collectifs ».
« Not nationality, not religion. Citizenship. »
(sur la nationalité, ça change dans les termes suivants)
« Nous ne serons jamais reconnus, tant qu’Israël continuera son contrôle. Ceci devient le sentiment général des Arabes Israéliens. »
* véhicule militaire, territoires occupés *
« Equality and nationality » a été le discours apporté à la Knesseth. Le parti a alors failli être déclaré illégal par la Cour Suprême.
La conclusion du secrétaire général du NDA est ce jour-là assez sombre. « Quelles solutions nous reste-t-il ? »
« 3 solutions.
One, accept living like dogs.
Two, emigrate.
Three, another Intifada.
…Cause there is no hope. »
/ Trois solutions. Un, accepter de vivre comme des chiens. Deux, émigrer. Trois, une autre Intifada. Parce qu’il n’y a pas d’espoir. »




